Le voyage de 1200 km de Djeddah au Grand Lac Amer, où Franklin D. Roosevelt attendait à bord du croiseur lourd USS Quincy, na pris que deux nuits et un jour. Mais en le faisant, le roi avait franchi la première étape historique vers une relation entre lAmérique et son pays qui dure depuis 75 ans.
Au XVIIIe siècle, la péninsule arabique était sous domination ottomane. Cette terre a longtemps été lobjet de nombreuses convoitises puisquelle abrite, dans le Hedjaz, la région côtière qui longe la mer Rouge, deux grands lieux saints de lislam : La Mecque et Médine. Avec le plan Fahd de lété 1981, lArabie saoudite donne sa version dune paix israélo-arabe acceptable par tous. Proposé en septembre 1982, à la suite de linvasion israélienne du Liban, le plan Reagan représente la réponse américaine ; mais, comme dhabitude, cette proposition est rapidement vidée de son contenu. La guerre entre lIrak et lIran permet à Riyad de mettre Bagdad sous sa coupe financière, mais la diminution des revenus pétroliers entraîne la diminution des transferts vers la plupart des pays arabes : le ressentiment des populations à légard des riches émirs du Golfe, accusés de dilapider les ressources, saccroît.
SA MAJESTE LE ROI ABDALLAH. UN ROI BÂTISSEUR. UN COURAGEUX REFORMATEUR. La concession de 1933 prévoyait des royalties de 4 shillings-or la tonne. Durant et après la guerre, lAramco a commencé à payer en dollars. En 1946, Abd Allah al Sulaiman, le ministre des Finances, consentit à ce que la conversion se fasse au taux du marché de Jedda, qui était beaucoup plus élevé que le taux officiel. En 1948, un accord fut conclu sur un taux à 12 la, ce qui équivalait à augmenter le taux de 22 à 33 cents le baril, avec un paiement rétroactif de plus de 19 millions de dollars pour clore la controverse. 33 cents, cétait le taux auquel une autre compagnie américaine, lAmerican Independent Oil Company Aminol, venait dobtenir une concession au Koweït, en juin 1948.
Cependant, le véritable sujet de la discussion le 14 février 1945 na rien à voir avec le pétrole. Ce qui préoccupait alors Roosevelt était le sort des juifs survivants dEurope centrale. Alors quAbdelaziz al-Saoud pensait que ceux-ci pouvaient sinstaller dans les maisons des Allemands qui les avaient persécutés, le président des États-Unis exprimait lespoir quil pourrait compter sur lhospitalité des Arabes pour les accueillir. Mais ceci était impensable pour le roi dArabie Saoudite et finalement, Roosevelt sengagea à ne jamais se montrer hostile à lencontre des Arabes, notamment en ce qui concernait la Palestine. Le 5 avril 1945, Roosevelt écrivit une lettre à Abdelaziz al-Saoud, dans laquelle il réitérait son engagement. La voici : Comme nous lavons indiqué, le salafisme wahhabite que lArabie saoudite a exporté dans le monde musulman sest développé dans les années 1970. Par la suite, et durant le djihad contre lUnion Soviétique en Afghanistan dans les années 1980 qui fut encouragé par les Etats-Unis et par lArabie saoudite, le salafisme devint un mouvement révolutionnaire autonome qui permit lémergence dal-Qaïda et par la suite de lEtat islamique. Ces deux mouvements religieux et politiques méprisent les Saoudiens à qui ils reprochent leurs liens avec les Etats-Unis. LArabie saoudite les accuse quant à elle de suivre une voie déviationniste dans la pratique de lIslam 14. En premier lieu la croissance des pays émergents menés par la Chine pèse sur la demande entrainant lexploitation accrue des ressources en charbon local et la montée jusquà des niveaux sans précédent des prix des hydrocarbures qui culminent avant la crise de 2008 à 140 USD par baril de Brent. Philby ne verra pas ce retour du pétrole saoudien à lArabie. Après sêtre querellé avec le successeur dIbn Saoud, il mourra en 1960, à Beyrouth, en jetant dans un soupir: Mon dieu que je mennuie. Lauteur est le fondateur et le doyen du Centre Simon Wiesenthal. En conséquence, le gardien des Lieux saints de lIslam, et le plus proche que nous ayons dun successeur des Califes, le Défenseur de la foi musulmane et des Villes saintes de trois cent millions de personnes, a cimenté une amitié avec le chef de la une grande nation occidentale et chrétienne lors dune réunion qui a marqué le point culminant de lalliance musulmane avec lOccident. Matthieu Auzanneau, 2015, Or noir. La grande histoire du pétrole, Paris, La Découverte, p. 264 Robert E. Sherwood, Roosevelt and Hopkins, an intimate History, New-York, Harper and Brothers, 1948 ; p 871-872.-14 février 1945 : rencontre entre Roosevelt de retour de Yalta et le Roi Abdelaziz sur le Croiseur Quincy. Pacte de Quincy partenariat économique ressources parts par les conflits interreligieux et ethniques. Foreign Relations of United States, 1945, VIII, p 2-3. Washington, 1969.
Rencontre Roosevelt Ibn Saoud
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